Bilan et évolution du secteur aéroportuaire congolais

En 2004, le Congo lançait un vaste programme de municipalisation accélérée afin de se doter d’infrastructures dont l’objectif est, non seulement, d’interconnecter les chefs-lieux à leurs sous-préfectures, mais aussi, d’améliorer les conditions de vie des populations, tout en ouvrant le pays à la sous-région.

Commencé dans le département du Kouilou (2004), ce programme s’est poursuivi, tour à tour, dans la Likouala (2005), le Niari (2006), la Cuvette (2007), Brazzaville (2008, 2009, 2010), la Cuvette-ouest (2011), le Pool (2012), les Plateaux (2013), la Lékoumou (2014), la Sangha (2015) et la Bouenza (2016). Il a permis, dans le cadre de sa mise en œuvre progressive, une transfiguration fondamentale du pays.

Tout en ouvrant le pays  au monde, la municipalisation accélérée a sonné une ère de modernité qui a connu un bond en avant au point de corriger le déficit infrastructurel qui existait entre les capitales politiques et économiques du pays et l’hinterland du Congo.

Cela par la construction, notamment des routes interdépartementales et celles dites d’intérêt sous régional auxquelles s’ajoutent huit (8) aéroports dont quatre (4) de type A international (Brazzaville, Pointe-Noire, Ollombo et Ouesso). Ces infrastructures aéroportuaires construites à équidistance de plus ou moins 500 km participent à mailler l’ensemble du territoire.

Construit en 1949, le tout premier aéroport international Maya-Maya auparavant vétuste et exigu avec une aérogare dont l’état ne répondait plus à la modernité est désormais doté d’une piste de 3700m de long et 60 m de large, de deux bretelles, d’une aire de stationnement de 720m de long et de 150m de large pouvant accueillir les aéronefs de type A380. Sept (7) passerelles télescopiques ont été installées, à cet effet, pour accueillir ces types d’avions.

Véritable hub d’Afrique Centrale, Maya-Maya occupe la première place, en Afrique Centrale en termes de nombre total de passagers. Un village aéroportuaire a été érigé aux alentours de l’aéroport pour faciliter les services voyageurs.

Ce village aéroportuaire en évolution est composé de complexes hôteliers, dont un est déjà fonctionnel ; des bureaux et commerces ; d’un village artisanal et d’un pavillon présidentiel.

L’aéroport de Brazzaville relie la région d’Afrique Centrale à d’autres hubs majeurs comme Paris, Addis-Abeba, Casablanca et Johannesburg. Sa gestion a été concédée à la société des Aéroports du Congo (Aerco).

L’aéroport International de Pointe-Noire fait partie des plus grands et des plus importants de la République du Congo.

C’est un amas de valeurs qui imbrique modernité et authenticité, art et technologie, le type d’infrastructures qui ouvrent une nouvelle ère pour le Congo. Son trafic est passé de 400.000 passagers, en 2003, à plus de 800.000 de nos jours juste après la rénovation de celui-ci, en 2011.

Pour faciliter la fluidité des passagers, l’aérogare de Pointe-Noire dispose de quatre entrées publiques et d’une entrée VIP  à ouverture automatique. Ces entrées  notamment celle située au rez-de-chaussée consacrée au traitement des passagers comporte entre autres un hall de réception des bagages nanti de trois tapis à bagages ; une zone de tri bagages avec deux poteaux de triage, huit postes de contrôle  pour la police d’immigration et de deux postes de contrôle médical.

Afin d’offrir des meilleures commodités et éviter des longues queues des passagers au départ, le deuxième module est doté de 24 comptoirs d’enregistrement classiques contre un d’enregistrement des bagages hors format ; de quatre zones de commerce, une salle de prière, un local fumeur et un local change nourrissons.

La gestion des flux des passagers vers les aéronefs à l’arrivée comme au départ est assurée par quatre passerelles télescopiques fixées sur deux pré-passerelles qui se greffent au bâtiment.

Conformément aux normes internationales en matière d’information, de sécurité et de connectivité aéroportuaire, ce terminal est équipé de : 155 caméras de surveillance ; 77 écrans de télé affichage ; 15 scanners ; 50 postes de défense incendie ; 372 détecteurs automatiques d’incendie et de bien d’autres appareils utiles.

Officiellement inauguré, en 2007, pour les festivités de l’indépendance dans le département de la Cuvette, l’aéroport international d’Ollombo, situé à quelques encablures d’Oyo, est pleinement opérationnel comme à Brazzaville et à Pointe-Noire, avec qui il partage les mêmes caractéristiques et le même gestionnaire.

Quant à l’aéroport de Ouesso, ses travaux amorcés dans les années 80, sont restés inachevés jusqu’à sa modernisation complète entamée, en 2010. Désormais, cet aéroport comporte une nouvelle aérogare redimensionnée et équipée pour un trafic international. Il a vu s’élargir sa piste existante de 30 m à 45 m avec un prolongement de 2050 m à 3000 m.

Les autres aéroports de type ‘’B’’ (Impfondo, Owando, Dolisie, Ewo, Djambala, Sibiti, Nkayi) ont été conçus dans les mêmes normes présentant les caractéristiques suivantes : Une piste d’aviation de 2050m, avec, de part et d’autre, aux deux bouts de piste, des prolongements d’arrêt de 60m chacun ; Une bretelle ; Un parking avions ; Des voies de services ; Une voie d’accès à l’aéroport ; Un assainissement approprié de la zone.

Au regard de tous ces efforts consentis par l’Etat pour arrimer le pays en infrastructures aéroportuaires, force est de constater que l’économie nationale en matière de structure de transport a connu, grâce à ce programme, une avancée fulgurante dont les acquis donnent une nouvelle configuration qui contraste avec les années 80. L’inexistence des voies de communication et l’absence de politiques en la matière plaçaient le pays dans une sorte de dépendance au Chemin de fer Congo océan.

Grâce à la construction de ces infrastructures (routes, ports et aéroports) la République du Congo peut se réjouir d’avoir redoré son blason de pays de transit qui était le sien vis-à-vis des pays voisins. Ce positionnement naturel lui a été de nouveau conféré, à travers la modernisation de son port en eau profonde et la construction de la dorsale reliant, aujourd’hui, l’Océan atlantique à l’extrême nord du pays.

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