Renouer avec les valeurs fondamentales

La responsabilité suprême que vous m’avez confiée exige de moi, vis-à-vis de vous, franchise, vérité et sincérité. Cela, dans l’intérêt supérieur de la nation, dans l’intérêt de tous. Notre pays connaît des difficultés réelles. Vous devez le savoir. Personne ne doit les dissimuler. Ces difficultés étaient au départ financières. Elles gagnent aujourd’hui le champ économique en général.

La crise dans laquelle le Congo est plongé depuis 2014, avec l’ensemble des pays exportateurs des matières premières, le pétrole notamment, continue encore de générer des effets néfastes.

De ce fait, la situation macro-économique de notre pays n’a eu de cesse de se dégrader, réduisant considérablement les moyens d’action de l’Etat. Les recettes budgétaires et les investissements publics sont en baisse continue. Presque tous les secteurs de l’économie nationale sont touchés par la récession. De toute évidence, lorsque l’économie est malade, le social court le grave risque d’être à son tour contaminé.

C’est ce que les travailleurs et tous ceux qui reçoivent un traitement de l’Etat redoutent aujourd’hui. Leur crainte est certainement justifiée. Puisque certains d’entre eux connaissent déjà, hélas ; quelques retards pour percevoir leurs salaires et pensions. Je voudrais, en toute franchise, chers travailleurs, mes chers compatriotes, vous dire que ce ne sera jamais par des actions désespérées, des actions de ‘’violence sociale’’, que nous allons redresser la situation financière et économique difficile que notre pays traverse.

Ce ne sera jamais par des grèves intempestives que les équilibres macro-économiques nationaux seront rétablis. Ce ne sont pas des mouvements sociaux des Congolais qui contribueront à la remontée du cours du baril de pétrole.

J’ai beaucoup de respect pour les travailleurs pour condamner les grèves lorsqu’elles sont justes et justifiées. Non ! Je condamne plutôt les mouvements sociaux illégaux, sauvages et manipulés qui, en plus, pourraient mettre en danger la vie, la sérénité et la liberté des autres.

Pour faire face à la crise présente et la surmonter, il nous faut simplement nous organiser, mieux nous organiser, à tous les niveaux de la société, du Sommet à la base de l’Etat, de l’élite entrepreneuriale aux salariés de base, du secteur public au secteur privé.

Il nous faut attaquer aux dysfonctionnements, aux faiblesses, à toutes les causes qui ont conduit à la rupture des équilibres fondamentaux de notre société.

Il nous faut renouer avec les valeurs fondamentales sans lesquelles toutes nos prétentions et résolutions de bonheur, de bien-être et de prospérité ne seront que des vœux pieux. Ces valeurs sont le travail, l’innovation, l’acceptation des réformes, la compétitivité et la rationalité.

Il est illusoire de croire que l’on peut obtenir le bonheur sans travailler ; de croire que l’on peut aller au développement, sans innover ; de croire que l’on peut changer le pays et la vie sans réformer ; de croire que l’on peut gagner la prospérité sans être compétitif ni rationnel durablement.

Aucun pays n’est parvenu au développement en se détournant de toutes ces valeurs.

Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République

Extrait du Discours, à l’occasion du 57è anniversaire de l’indépendance nationale.

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