La corniche sud de Brazzaville mise en service

Le Président Denis Sassou N’guesso a ouvert à la circulation, ce vendredi 15 juin 2018, en présence des corps constitués nationaux et diplomatiques, la corniche sud de Brazzaville.

Lancé, le 27 Août 2015, le projet de construction de la Corniche, tronçon Case De Gaulle – Pont du Djoué, projet qui remonte aux années 70, est aussi vieux que le premier tronçon Mami Wata – Case De Gaulle.

Cette cérémonie riche en sons et en couleurs, a été marquée par trois allocutions.

Le Maire de la ville de Brazzaville, Roger Christian Okemba a salué les officiels et invités venus prendre part à la cérémonie, il s’est dit très honoré de bénéficier de l’ouvrage qui améliore la desserte des quartiers de Bacongo et Makélékélé. Les résultats atteints aujourd’hui témoignent du sérieux mis dans l’évolution des travaux par tous les acteurs impliqués dans la réalisation de ce projet à portée sociale et environnementale.

Roger Christian Okemba a émis deux soucis se résumant en termes de sécurité et d’entretien de l’ouvrage pour sa pérennisation. Il projette, à cet effet, la mise en place, dans de bref délai, d’une brigade municipale, afin de le mettre à l’abri de l’incivisme des usagers.

Représentant le Gouvernement français à cette cérémonie, Bertrand Cochery, ambassadeur de France au Congo a fait savoir que la réalisation de la corniche sud de Brazzaville illustre, une fois de plus, les liens d’amitié entre les Républiques française et congolaise. Bien plus qu’une artère, cette route est un catalyseur de l’aménagement urbain. Son empreinte est considérable et tous les enjeux socioéconomiques y sont liés.

« De par les difficultés surmontées, les moyens mobilisés, la technique et l’expertise employées, cette corniche mérite bien le nom d’un ouvrage d’art. Dans ce contexte où les villes émergentes concentrent leurs efforts pour devenir des grandes villes.», a-t-il ajouté.

Présentant la fiche technique du deuxième tronçon de la corniche, le Ministre de l’Aménagement, de l’équipement du territoire, des grands travaux a insisté sur l’incivisme des populations et usagers de la route dont la sensibilité est perceptible sur le site.

« Malgré l’expropriation pour cause d’utilité publique dument exécutée sur le domaine public fluvial pourtant propriété de l’Etat, les maraichers sont revenus au galop pour mener des activités qui menacent dangereusement la route.  Ces comportements déplorables qui se perpétuent de chantier en chantier ne sont pas seulement anti patriotiques, mais aussi, blâmables et   répréhensibles.  Nous insistons parce que les mêmes causes produiront à coup sûr les mêmes effets. »,  a martelé Jean Jacques Bouya.

Le Ministre Jean Jacques Bouya a du reste, salué l’excellence de la coopération agissante entre la France et le Congo tout en rappelant le caractère important de cette relation dont l’occurrence solennelle ne suffira pas pour épingler toute la chapelle des résultats obtenus depuis des lustres. Il s’appuyé sur la réalisation de la corniche sud par le gouvernement français, à travers l’Agence Française Développement, dans ce cadre du Contrat désendettement et développement, C2D.

Financé par l’Agence Française de Développement, dans le cadre du contrat désendettement et de développement entre la France et le Congo,  le projet a porté sur l’aménagement et le bitumage d’une route expresse et touristique de 2 fois 2 voies, de 7 mètres chacune, séparées par un terre-plein central végétalisé de 1m. La structure de la chaussée est de 6 centimètres de béton bitumineux en couche de roulement, de 20 centimètres de tout venant de concassage 0/31,5 en couche de base et 41 centimètres de sable jaune amélioré à 2% de ciment en couche de fondation.

Réalisés sur un linéaire de 4km600 entre la Case de Gaulle et le giratoire Fulbert Youlou, ces travaux ont donné lieu à Cinq (05) giratoires à savoir, Renard, Kimbangou, Kitengué, Makélékélé et Youlou. Ces giratoires permettent une interconnexion avec le réseau urbain des quartiers Bacongo et Makélékélé. Un peu comme les Portes sur le périphérique de la petite couronne parisienne pour se connecter à cinq (05) voiries de 6km424 mètres linéaires, donnant directement sur les quartiers populaires. Ces voiries sont aussi dotées d’éclairage public, d’assainissement et de réservation pour les réseaux de la fibre optique et téléphone. Les travaux ont concerné aussi la démolition du canal existant de Makélékélé connu sous l’appellation de Zanga Dia Bangombe, devenu vétuste et sa reconstruction en béton, sur 1km425, avec une largeur oscillant entre 4 et 7,5 mètres et une hauteur de 3 mètres.

En outre, pour permettre le franchissement de la ravine de Makélékélé, un viaduc de 116 mètres de long et 20 mètres de largeur, a été réalisé en caissons précontraints et assemblés sur les berges.  C’est le deuxième pont au Congo, construit par la technique de poussage, après celui sur le Kouilou réalisé en 1986.

En plus, deux (02) gros ouvrages hydrauliques de franchissement ont été construits sur ce collecteur qui sera complété par la viabilisation des berges comprenant  les chaussées pavées circulables en sens unique, l’éclairage public et  l’assainissement longitudinal.

Alors, au total, sur l’ensemble du projet de construction de la corniche sud de Brazzaville et d’aménagement des quartiers de Bacongo et de Makélékélé, il a été réalisé d’énormes volumes, en termes de mètres linéaires d’inclusion rigides, de mètre carré de mur de soutènement, de couche de base, de tout venant de terrassement, de m3 d’enrobées, de km de caniveau et de m² de trottoir.

D’autres éléments particuliers de proximité à valeur socio-esthétique et environnementale ont été réalisés, à savoir     19.000 pieds de plantes décoratives ; 9.190 mètres linéaires d’extension du réseau d’adduction d’eau potable ; 381 branchements au réseau SNDE ; 5.595 mètres linéaires de réservation pour la fibre optique et téléphone ; 540 candélabres pour l’éclairage public ; 14 ralentisseurs de vitesse réalisés sur cinq (5) voiries à la demande des mairies de Bacongo et Makélékélé.

Le chantier a mobilisé 600 employés et cadres pour l’entreprise RAZEL-BEC, dont 550 Congolais et un parc technique d’envergure. De son côté, la mission de Contrôle, le Groupement Egis International/Atelier Villes et Paysagers/Technip-Congo, 35 personnes dont 8 ingénieurs pour la supervision des travaux ont été mobilisés.

Pour  des besoins d’efficacité et de méthode, ce chantier a fait l’objet d’un agencement séquentiel et innovant permettant l’indemnisation  de 1.506 maraichers dont 300 ont bénéficié d’une garantie de 100 millions de FCFA de la part de l’Etat, pour  l’obtention des prêts aux MUCODEC, en vue de l’acquisition d’autres terrains pour une nouvelle activité  maraichère.

D’autres travaux préalables ont été effectués. Il s’agit notamment des expropriations des parcelles de terrains se retrouvant dans l’emprise de la route et de l’évacuation de 100.000 m3 de tonnes d’ordures, regroupées dans quatre (4) aires de transit, avant leur enfouissement à Makana 2, question de dépolluer les lieux.

Les travaux de ce deuxième tronçon ont été réalisés en 35 mois, au lieu de 29 mois initialement prévus. Les contraintes de libération des parcelles de terrains situées sur le tracé constituent la cause principale de la prolongation des délais de ce chantier financés par l’Agence Française de Développement à hauteur de 44 milliards 826 millions 686 mille 536 FCFA, dont :

  • 41 milliards 762 millions 84 mille 952 FCFA pour la réalisation du projet par l’Entreprise RAZEL-BEC et ;
  • 3 milliards 64 millions 601 mille 584 FCFA pour la supervision, est l’œuvre du Groupement Engis International/Atelier Villes et Paysagers/Technip-Congo.

L’engagement du Congo a été de rendre disponibles les espaces dont le coût est évalué à la somme de 7 milliards 461 millions 789 mille 406 FCFA repartie entre l’expropriation du foncier et du bâti : 6 milliards 533 millions 505 mille 292 FCFA et l’Indemnisation des maraîchers : 928 millions 284 mille 114 FCFA.

Il y a un gap de 600m entre le dernier giratoire et le pont du Djoué. Cette partie du deuxième tronçon fait l’objet d’une étude technique complémentaire. Ceci pour conjurer l’épineuse question des coûts d’expropriations estimés à 2,6 milliards si la route traversait le quartier des rapides, d’une part, et pour des besoins d’esthétiques visuelles si la route continue à côtoyer le fleuve d’autre part. D’où la solution technique de réaliser un viaduc de 550 mètres, avec pour objectif de mettre en valeur ce site panoramique complété par un  échangeur à l’entrée du pont du Djoué. Un appel d’offres international met en concurrence cinq (5) bureaux d’étude pour la réalisation de cet ouvrage d’art ainsi que celui de dédoublement de l’actuel pont du Djoué.

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